dimanche 25 juin 2017

Voici un petit ouvrage susceptible d’intéresser l’historien du livre:
Crapelet, Georges Adrien,
Études pratiques et littéraires sur la typographie, par G.-A. Crapelet, imprimeur. Tome premier,
À Paris, de l’imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard n° 9, MDCCCXXXVII (À Paris, à la librairie de P. Dufart, quai Malaquais n° 7, 1837),
[4-]VIII-407-[1] p., 8°.

Les Crapelet sont une famille originaire du village de Levécourt, situé entre Neuchâteau et Langres, où Antoine Crapelet est aubergiste. Son fils, Charles Crapelet, naît en 1762, et est envoyé par lui à 12 ans pour faire son apprentissage d’imprimeur à Paris: il entre d’abord chez Ballard, alors établi rue des Noyers, avant d’exercer à compter de 1780 comme «prote et correcteur» chez Jean Georges Antoine Stoupe, successeur de Le Breton, rue de la Harpe.
Il s’établit enfin à son compte en 1793, rue Saint-Jean de Beauvais, puis rue de la Harpe (1795). G.-A. Crapelet expliquera:
Lorsque mon père eut transporté son établissement dans le local occupé par Chardon, il lui fallut acheter en même tems les restes séculaires de son mobilier typographique, qui n’auroit pu être déplacé sans tomber en poussière. Il ne conserva que quelques corps de casseaux, avec marbres, et deux presses à boîte et à nerfs, premier modèle des presses, qui remontoit à l’invention de l’imprimerie : elles avoient bien cent cinquante ans d’existence, et firent encore pendant plus de quinze ans un bon service pour les épreuves, qu’un nouveau déménagement seul fit cesser (p. 179).
Charles Crapelet décède en 1809, et son fils, Georges-Adrien, né à Paris en 1789, lui succède. Il s’installera rue de Vaugirard à partir de 1811. Outre la conduite des affaires de l’imprimerie, Georges-Adrien Crapelet se consacre à l’écriture et à l’histoire littéraire, selon le modèle du libraire érudit. Initiateur de la «Collection des anciens monumens de l’histoire et de la langue françoise» en 1826, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1828. Élu membre résident de la Société des Antiquaires de France en 1829 (il est présenté par Gabriel Peignot), il présidera cette société en 1834. Également l’un des fondateurs de la Société de l’histoire de France (1833), il en devient l’imprimeur attitré. Il donne ces Études pratiques et littéraires en 1837, mais ne pourra pas conduire son projet à son terme (seul le premier volume est paru).
Crapelet, dont la réussite s’était faite d’abord en tant que prote, revient longuement sur cette fonction au fil de ses pages, avec des chapitres comme «Des correcteurs»; «De la correction»; «De la correction des livres imprimés sur manuscrit ou sur copie imprimée d’auteurs vivans»; «De la correction des livres imprimés sur copie imprimée d’auteurs morts». Il revient aussi, p. 31 et suiv., sur les conditions dans lesquelles la Réforme a d’abord été diffusée en France:
Le bûcher fut toujours la dernière raison de la Sorbonne. Cela n’empécha pas les écrits du luthéranisme de se répandre par tout le royaume, et l’esprit de la réforme de s’intoduire même dans les écoles. La Sorbonne ne se lassoit pas de censurer, ni les luthériens d’écrire, ni le parlement de poursuivre les auteurs et distributeurs d’une multitude de mauvais livres…
Au fil du texte, parti à la recherche de toutes les curiosités relevant de l’histoire bibliographique et littéraire, Crapelet indique qu’il a visité Mayence au cours de l’été 1836 (p. II, note). Quelque années plus tard (1841), il cèdera son entreprise à son fils et à son gendre, Charles Auguste Lahure. Chargé par Villemain d’une mission en Italie, il meurt à Nice en 1842.
La page de titre de notre édition porte la charmante marque typographique « aux pensées », avec le phylactère portant la devise: «Elles ne peuvent plus mourir». 

Nathalie Clot, «Georges-Adrien Crapelet et la Collection des anciens monumens de l’histoire et de la langue françoise (1826-1835)», dans Mémoire des chevaliers. Édition, diffusion et réception des romans de chevalerie du XVIIe au XXe siècle, dir. Isabelle Diu, Élisabeth Parinet, Françoise Vieillard, Paris, École nationale des chartes, 2007, p. 105-118. L’auteur signale que la correspondance entre Crapelet et Gabriel Peignot à partir de 1821 est conservée à la BnF, ms. n. a. f. 11197.

mardi 20 juin 2017

Bibliothèques et climat

Tous les spécialistes connaissent la théorie des climats, élaborée notamment par Montesquieu, mais moins nombreux sont ceux qui connaissent les développements qui lui ont été apportés dans le domaine des bibliothèques.
Et pourtant, les historiens de la lecture n’ont pas été sans souligner le fait: en Occident, l’alphabétisation serait plus développée dans les pays du nord. Pour des raisons qui leur appartiennent, ils ont voulu corréler cette caractéristique avec d’autres données: nous serions dans des environnements plus densément peuplés, où la civilisation urbaine est plus développée, où parfois même le choix a été fait, de passer à la Réforme protestante –laquelle, chacun le sait, favoriserait la lecture.
Mais trêve de divagations! Un élément, central, manque à l’équation: le climat.
Nous nous rappelons d’un séjour de recherche effectué, voici quelques années, à la bibliothèque de Wolfenbüttel, au cours de l’automne. De temps en temps, la ville se trouvait, au petit matin, couverte d’une fine couche de neige: la vue par la fenêtre de la maison de Leibniz, n’était pas sans présenter une certaine dimension «pittoresque» (on imagine le tableau accroché dans un musée: «Rue de Wolfenbüttel au petit matin à la mi- novembre, fin du XXe siècle». Au loin, à moitié effacée par la grisaille blanchâtre, une silhouette penchée se hâte dans la bourrasque, avec son filet de pommes de terre).
D’autres fois, plus nombreuses, le vent se levait, parfois aussi la pluie, et il fallait alors gagner la bibliothèque, par des rues à peu près vides, en luttant contre les intempéries. La pénombre régnait encore. Un certain jour, arrivant peu avant 9 heures, trempé, je me présentais devant les deux collègues de service à la porte. En guise de salutations, je m’inspirais d’une phrase du Freischütz de Karl Maria v. Weber: «Herzliches Bibliothekswetter», m’écriai-je en me mettant à l’abri dans le bâtiment («Magnifique temps pour [aller à] la bibliothèque»). Je me rappelle encore de l’éclat de rire qui accueillit ma proclamation.
Car le point est bien là: dans les pays du nord, où la pénombre règne plus longtemps et où les conditions climatiques sont parfois moins bonnes, la lecture est plus répandue, et la fréquentation des bibliothèques plus forte. Qu’on y pense: la pluie tombe à verse, le ciel est uniformément gris, le vent tourbillonne autour des vieux bâtiments soigneusement calfeutrés. Pourquoi tant d'intellectuels et de lecteurs en Écosse? Et encore, nous ne disons rien de telle ou telle ville d’Europe orientale, et de ses trottoirs couverts de neige plus ou moins fondue et plus ou moins gelée. Si nous sommes en bord de mer, le paysage est tout autant mélancolique, qui évoque les premières scènes de Tristan, sinon celles du Vaisseau fantôme… Quel agrément, quel confort, même, que de se trouver à l’abri, enveloppé dans une douce chaleur tempérée, à lire et à travailler, à l’abri du déchaînement des éléments.
La théorie des climats se borne à constater le fait: on lira plus volontiers à Stockholm qu’à Palerme, on fréquentera plus volontiers les bibliothèques à Bergen qu’à Parme ou à Ancône. Quel agrément, encore une fois, que de passer l’après-midi à la bibliothèque, comme à un club, dans l’une de ces villes parfois peut-être d’apparence un petit peu «froides», et qui appartiennent à la géographie réformée. A contrario, pourquoi aller quotidiennement à la bibliothèque, quand on est dans une ville comme Venise, même en dehors du carnaval (nous excluons de l’analyse les historiens du livre et autres maniaques ou psychopathes)? 
Crédit photographique : © Adam Rzepka - Centre Pompidou, MNAM-CCI /Dist. RMN-GP
© Estate Gisèle Freund/IMEC Images
L’articulation n’est d’ailleurs pas propre à la seule lecture ni aux seules bibliothèques. Certes, au XIXe siècle, l’ouverture de séances publiques, le soir, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève  de Paris, avait aussi eu pour effet d’attirer des visiteurs venus se mettre à l’abri, et au chaud, et non pas lire (détail amusant: ces «séances du soir» n’ont été ouvertes aux femmes qu’avec un certain retard). Mais, dans un de ses romans, Robert Escarpit nous présente un séminaire hautement spécialisé, et ouvert à tous, qui se tient au Collège de France, devant quatre ou cinq auditeurs, et encore, précise l'enseignant, les jours de pluie seulement. Et Emmanuel Le Roy Ladurie nous rappelle, dans son Paris-Montpellier, que le jeune maître de conférences qu’il était s’étonnait de voir, à partir du printemps, de plus en plus de charmantes étudiantes sur les plages de Palavas-les-Flots et de moins en moins dans les salles de cours. Que l’on ne cherche pas là une lecture a posteriori sexiste: il est très probable que les étudiants étaient aussi nombreux que leurs camarades du sexe féminin à préférer la plage aux salles de cours, mais il est possible que l’observateur ait été moins sensible à leur présence. On le sait, les conditions mêmes de l'observation modifient les résultats de l'expérience...
Oui, pensions-nous, l’articulation est évidente, entre le climat et la fréquentation des bibliothèques, selon une équation trop simple: dehors, moins de chaleur et moins de clarté; dedans, plus de livres et plus de lecteurs.
Pourtant, les événements de ces derniers jours nous incitent à enrichir la théorie générale: notre pays ne subit-il pas une vague de chaleur pénible, surtout dans les villes? Il semblerait bien sûr inutile d’en profiter pour aller s’entasser dans l’espace confiné du métro, mais d’autant plus agréable de jouir de la douce fraîcheur qui règne dans telle ou telle bibliothèque, surtout si elle est ancienne (donc, avec des murs épais, qui gardent la fraîcheur).
Voici un beau sujet d’enquête, que nous proposons à la curiosité sans bornes et à la sagacité infinie de nos administrations. Avec un codicille à plus long terme: dans quelle mesure le changement climatique devrait-il ou non influer sur les pratiques de lecture et sur la fréquentation des bibliothèques? Nous tenons bien volontiers ce blog à disposition pour publier les résultats de l'enquête.

mercredi 14 juin 2017

Journée d'études sur l'histoire de la Réfomre

Aspekte der Reformationsforschung
Zur Wirkung der Reformation im deutsch-französischen Grenzgebiet 

Öffentliche Tagung in der
Stadtbibliothek Trier
Freitag, 23. Juni 2017

 
Vorträge:
10:00 Uhr
Prof. Dr. Claudine Moulin (Trier):
„Martinus Luther D – Zur Sprach- und Kulturgeschichte einer Unterschrift“

11:00 Uhr
Prof. Dr. Wolfgang Schmid:
„Katholiken und Protestanten in Trier: Alltag und Fest im Kulturkampf“

Mittagspause

14:30 Uhr
Prof. Fréderic Barbier (Paris):
„Die Anfänge der Reformation in Frankreich: kulturelle Transfers und Buchgeschichte, 1517 – 1523“

Führung
15:30 Uhr
Führung durch die Ausstellung „Caspar Olevian, die Reformation und Trier“
mit Prof. Dr. Gunther Franz

Ausstellung
Das Jahr 2017 steht im besonderen Fokus des 500-jährigen Reformations- festes. Dabei soll auch an das Wirken des aus Trier stammenden Reformators Caspar Olevian und an die Spuren der Reformation in Trier erinnert werden.
Die Ausstellung „Caspar Olevian, die Reformation und Trier“ ist eine Kooperation von Stadtbibliothek Trier, Universität Trier, Trier Center for Digital Humanities (TCDH) an der Universität Trier, Wissenschaftsallianz Trier e.V., Caspar-Olevian-Gesellschaft e.V. sowie Evangelischem Kirchenkreis Trier.
Begleitet und erweitert wird die analoge Ausstellung durch das virtuelle Caspar Olevian Portal (www.caspar-olevian-portal.de), auf dem sich neben den Exponaten umfangreiche weitere Informationen zum Leben und Wirken des Trierer Reformators finden.
Die Ausstellung im Foyer der Stadtbibliothek ist Montag bis Freitag von 9 bis 17 Uhr und Samstag bis Sonntag von 10 bis 17 Uhr geöffnet (Freitag, 7. April 2017, bis Dienstag, 4. Juli 2017). Der Eintritt ist frei. Der aufwendig gestaltete Begleitband zur Ausstellung Caspar Olevian, die Reformation und Trier – Katalog zur Ausstellung in der Stadtbibliothek Trier zum 500. Reformationsjubiläum 2017 und zur virtuellen Ausstellung im Rahmen des Caspar-Olevian-Portals, herausgegeben vom Evangelischen Kirchenkreis Trier, mit Beiträgen von Gunther Franz, Vera Hildenbrandt und Andreas Mühling, ist ab sofort über den Buch- handel zu beziehen und kostet 19,90 Euro. 

Performance
18:00 Uhr Liquid Penguin Ensemble:
DER FALL SOLA
Neueste Sendbriefe vom Dolmetschen
Martin Luther hat vor 500 Jahren die Bibel in verständliche deutsche Sprache übersetzt. Interpretation war dazu notwendig – die immer auch falsch liegen kann – und ein großer Vorrat an neuen Wörtern für Dinge und Zusammenhänge, die das Deutsche zuvor noch nicht hat ausdrücken können. Inspiriert von Luthers Sendbrief vom Dolmetschen hat das Liquid Penguin Ensemble eine Performance zum Reformationsjubiläum 2017 entwickelt und schlägt darin den Bogen bis in unsere vielsprachige europäische Gegenwart: vier Musikerinnen und Musiker, eine Sprecherin und n live-Zeichner erschaffen – unterstützt von einem Chor – ein vergnügliches sprachlich-musikalisch- bildliches Übersetzungsspiel, das viele der in Europa erklingenden Sprachen einbezieht.
mit Monika Bagdonaite (Viola), Julien Blondel (Violoncello), Stefan Scheib (Komposition, Kontrabass, Zuspiel), Kaori Nomura (Piano/Flügel), Katharina Bihler (Text, Stimme), Klaus Harth (live- Zeichnung) und Chorsängerinnen und -Sänger aus Trier; Holger Stedem (Sounddesign), Ulrich Schneider (Licht/Raum), Marcus Droß (dramaturgische Beratung)

Stadtbibliothek und Stadtarchiv Trier Weberbach 25
54290 Trier
Tel: 0651 718 1429
Fax:0651 718 1428
E-Mail: stadtbibliothek@trier.de  
www.stadtbibliothek-weberbach.de

vendredi 9 juin 2017

Conférence d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section
 
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 12 juin 2017
16h-18h
Les origines de la Réforme en France:
transferts culturels et histoire du livre
(1517-1523)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études 

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!

La conférence, la dernière de l'année universitaire, sera suivie du pot de fin d'année.
La conférence sera également l'occasion de présenter le programme  de la séance foraine de l'année universitaire 2016-2017, séance qui devrait se tenir à Strasbourg le mercredi 21 juin prochain (voir le programme ici).
 
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



dimanche 4 juin 2017

1517-1521: le nouvel ordre des médias

Que la Réforme protestante constitue un phénomène étroitement lié à l’utilisation du nouveau média de la typographie en caractères mobiles est une caractéristique déjà reconnue par les contemporains eux-mêmes. Le point est repris par beaucoup d’auteurs sous l’Ancien Régime et au XIXe siècle, tandis que les travaux conduits par Elisabeth Eisenstein à partir de la décennie 1970 ont permis d’actualiser cette problématique (Elisabeth Eisenstein, The Printing Revolution in early modern Europe, Cambridge, 1983).
Aujourd’hui, le modèle développé par les historiens du livre articule deux axes principaux d’analyse: si le rôle déterminant du média de l’imprimé est effectivement reconnu, c'est dans une perspective qui met l'accent sur la dynamique de la transformation. De fait, l’irruption de la Réforme introduit dans une large mesure à l’instauration d’une nouvelle «économie des médias». Parmi les caractéristiques majeures de celle-ci, la plus importante réside dans la montée en puissance des Flugschriften, et dans l’émergence rapide d'un espace public que l'on pourrait à bien des égards dire moderne, en ce sens qu'il est articulé autour de l'imprimé. Encore une fois, les contemporains en prennent conscience très rapidement, qui entreprennent de mobiliser systématiquement les techniques de la médiatisation nouvelle, au service, d’abord, de la cause réformée –bientôt aussi au service de ses adversaires, tenant de l’orthodoxie romaine (on pense ici tout particulièrement à Thomas Murner).
Pour autant, un versant spécifique de la problématique est resté curieusement négligé par l'histoire du livre: il s’agit de la question des transferts culturels. Nous n’avons pas à revenir ici sur la problématique générale d’un modèle épistémologique qui, depuis quelques décennies, s’est imposé dans la recherche historique. Si l’écrit, l’imprimé et les médias jouent un rôle décisif dans le fonctionnement même des processus de transferts culturels, il n’en reste pas moins que la problématique de la diffusion des mouvements de Réforme apparus en Allemagne, mais aussi en Suisse, etc., au début du XVIe siècle, n’a pas été réellement envisagée à cette aune.
Le phénomène est pourtant au moins ambivalent. Reprenons la chronologie: nous sommes, d’abord, devant un projet de réforme conduit à l’intérieur de l’Église, par des clercs dont la principale langue d’expression est le latin. L'objet de la discussion, autrement dit les différentes thèses de Luther, n'est pas au sens propre un objet «étranger», lorsqu'il est soumis au tribunal de Sorbonne, en 1520-1521: les pièces en latin circulent sans difficultés dans le monde des universitaires et des clercs, et elles seront même le cas échéant reproduites par des imprimeurs parisiens. La controverse se développe pour la plus grande partie dans un cadre transnational.
La Detrminatio de 1521, éd. parisienne
Mais très rapidement, le glissement s’opère: non seulement les liens avec Rome sont désormais rompus, mais Luther et son entourage tendent à s’adresser directement à l’«homme du commun» et donc à s’exprimer en vernaculaire. Alors même que la primauté du siège de Rome est remise en cause, la dimension révolutionnaire du choix de la langue ne peut pas être sous-estimée: permettre à chacun de lire les textes sacrés revient à supprimer la médiation du clerc, donc implicitement à abandonner la tripartition traditionnelle de la société et à engager la disparition du clergé en tant que premier ordre. Dès lors, on comprend pourquoi la condamnation par la Faculté de Paris ne devrait pas faire de doute: en ce début du XVIe siècle, la Faculté n'est-elle pas toujours détentrice de l'autorité morale de la chrétienté, et ne constitue-t-elle pas une véritable école professionnelle supérieure, chargée de fournir à l'Église universelle des théologiens parfaitement formés? La condamnation ouvre bientôt le temps de la répression, et les premiers bûchers s'allument devant Notre-Dame dès 1523...
Arrêtons-nous ici simplement sur le seul problème linguistique posé dans le cadre des transferts: quel sera le retentissement possible de textes publiés en vernaculaire (en allemand), dès lors que l’on abordera une géographie extérieure au monde germanophone? La question vaut tout particulièrement pour la France, où l’allemand reste, en ce début du XVIe siècle, une langue  très peu répandue en dehors des cercles d’immigrés, lesquels sont surtout présents dans les milieux de l’université, du négoce et, bien sûr, de l’imprimerie et de la librairie…
Lorsque Pantagruel rencontre pour la première fois Panurge, sur la route du pont de Charenton, celui-ci lui semble être un mendiant et lui répond d’abord en allemand, qualifié de «barragouin» inintelligible: À quoy respondit Pantagruel: «Mon amy, je n'entens poinct ce barragouin; pour tant, si voulez qu'on vous entende, parlez aultre langaige…» À Wittenberg comme dans d'autres villes allemandes, et comme à Paris et à Lyon, l'élargissement du public des lecteurs et l'essor de la médiatisation moderne ouvrent désormais aussi le temps des traducteurs, d'une autre réflexion sur le fonctionnement de la langue –et de la mise en place de «librairies» qui deviendront progressivement des «librairies» nationales. On le voit, il est difficile de sous-estimer l'importance des conséquences induites par la nouvelle économie qui est celle du livre réformé.

mardi 30 mai 2017

Séance foraine 2017

ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES,
IVe Section (Sciences historiques et philologiques)
Conférence d’Histoire et civilisation du livre

À l’occasion de la séance foraine 2017, nous vous proposons de nous retrouver à Strasbourg le mercredi 21 juin prochain

Le programme prévisionnel serait le suivant:

9h30 Rendez-vous devant la porte de l'église catholique Saint-Pierre-le-Vieux, à 400m environ de la gare. À l'intérieur, plusieurs tableaux des XVe et XVIe siècle, et les panneaux de bois sculptés de Veit Wagner.

10h. Découverte de l’église Saint-Thomas, première église de la ville à avoir accueilli un prêche réformé (1524). Les charges canoniales de Saint-Thomas seront attribuées aux enseignants de l’école supérieure, puis de l’université. Aujourd’hui, l’église se signale notamment par la série des monuments funéraires de nombreux professeurs et bibliothécaires (le principal monument reste cependant constitué par le mausolée du maréchal Maurice de Saxe).
 
11h. Visite de la Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg, sous la conduite de son conservateur, Monsieur Louis Schlaefli. La bibliothèque est toujours abritée dans la salle aménagée pour elle au XVIIIe siècle, et elle conserve d’importants témoignages de livres anciens.
Nous nous efforcerons de dégager un moment libre pour que ceux qui le souhaitent puissent au moins découvrir la célébrissime cathédrale, qui jouxte le Grand Séminaire.

13h. Déjeuner dans le quartier de la Neustadt, «ville nouvelle» aménagée par l’Empire allemand à la suite de l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine du Nord après la Guerre de 1870. La Bibliothèque nationale et universitaire (BNU, ancienne SLUB) est l’un des principaux bâtiments «représentatifs» construits sur la place centrale de cet ensemble en cours de classement au Patrimoine mondial de l’UNESCO. 

14h30 Visite de l’exposition du cinq-centième anniversaire, «Le vent de la Réforme: Luther, 1517», sous la conduite de Madame Madeleine Zeller, l'une des commissaires de l’exposition,
avec la participation de Monsieur Olivier Deloignon, professeur à l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg.
L’exposition est organisée dans le cadre de la BNU, ce qui permettra à ceux qui le souhaitent de découvrir rapidement les aménagements intérieurs du bâtiment récemment restauré. 

À titre d’information, quelques horaires pour les TGV Paris-Strasbourg (il existe aussi plusieurs bus par jour de Paris à Strasbourg, plus lents, mais en général sensiblement moins chers: informations). 
Aller
Paris (Est) 6h40          Strasbourg 8h26
                  7h20                             9h04
                  7h44                             9h43
Retour
Strasbourg   17h17     Paris (Est)  19h10
                     18h17                        20h17
                     18h55                        20h46
                     20h19                        22h10
La participation à la séance foraine est ouverte à tous, mais, pour des raisons d’organisation, l’inscription est obligatoire. Celle-ci doit être faite par Internet à l’adresse suivante:
frederic.barbier@ens.fr (indiquer éventuellement le nombre de participants)
avant le lundi 12 juin prochain.
Un programme plus détaillé sera adressé aux personnes inscrites.
Informations données sous toutes réserves.

vendredi 26 mai 2017

Conférence d'histoire du livre



École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 29 mai 2017
16h-18h
La police des métiers du livre à Paris
au XVIIIe siècle
par
Monsieur Jean-Dominique Mellot,
conservateur général
à la Bibliothèque nationale de France,
chef de service de l'Inventaire rétrospectif

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!


Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



jeudi 25 mai 2017

La forme des livres: volumina et codices

Une forme livresque s’est trouvée trop souvent négligée par les historiens du livre, notamment (mais pas uniquement) s’agissant de la période moderne: ce sont les rouleaux, auxquels été consacrée la première session du colloque de Trente.
Baudemond rédige la Vie de saint Amand
Nous avons pour habitude de présenter le remplacement du rouleau (volumen) par le livre en cahiers (codex) comme marquant un premier temps de rupture et d’innovation dans la tradition du livre en Occident –et l’on sait que cette substitution est définitivement acquise au IVe siècle de notre ère. Bien entendu, on a échafaudé un certain nombre d’hypothèses susceptibles de suggérer les causes pour lesquelles une innovation d’une telle importance survient précisément dans une phase de crise très profonde de la civilisation écrite. Ce peut être la rupture de l’approvisionnement en papyrus, ou plus vraisemblablement la montée en puissance d’une religion chrétienne de longue date attachée à la forme du codex –comme le montrent certains passages de la Bible elle-même, ou encore la «lunette de saint Laurent», dans le mausolée de Galla Placidia à Ravenne. Plus vraisemblablement encore une combinaison de différentes logiques.
Dans le même temps, les anciennes bibliothèques constituées de volumina disparaissent irrémédiablement, au profit de la nouvelle «bibliothèque» formée désormais par le «Livre des livres», la Bible. Bien entendu, nous changeons aussi d’ordre de grandeur (autrement dit, il y a infiniment moins de livres...).
S’agissant de la mise en livre, nous avons aussi souligné, sur ce blog même, la filiation significative entre la pagina du volumen et la «page» du livre en cahiers. Le rouleau apparaît souvent dans l’iconographie comme étant le support «naturel» de la prise de notes, quand l’auteur «inspiré» parle, ou démontre par l’exemple de sa vie: c’est le cas de l’abbé ou du moine rédigeant la vie du saint fondateur (cliché 1), comme ce sera le cas du scribe prenant au vol (... mais aussi du lecteur: cf cliché 2) la poésie de tel ou tel Minnesänger dans le Codex Manesse de Heidelberg (Giuseppe Frasso, Univ. cath. de Milan). Il ne paraîtrait pas déraisonnable de penser que, à l’heure où la forme du livre en cahiers s’est imposée de fait, le rouleau apparaisse comme chargé d’une signification spécifique, voire d’une certaine distinction (le rouleau ne peut pas être réduit à une simple «forme alternative», et plus ou moins transparente).
Le dispositif interne peut-être le plus fréquent s’agissant des rouleaux serait celui du volumen, sur lequel le texte se présente en colonnes successives copiées perpendiculairement à la longueur, quand le rotulus est  privilégié pour les documents d’archives. Pensons, par ex., à l’inventaire de la bibliothèque réunie par Charles V dans la tour de la Fauconnerie de son château du Louvre (BNF, ms Baluze, 397). L’inventaire en rouleau a apparemment été préparé pour constituer l’instrument de référence, destiné à être intégré dans le trésor royal, quand les inventaires en codex devaient plutôt servir d’instruments de travail. Les fonds de manuscrits des grandes bibliothèques patrimoniales conservent souvent des pièces qui ont en effet la forme de semblables rouleaux.
Marilena Maniacci (Univ. de Cassino) conduit un travail systématique de recensement et d’analyse comparée des rouleaux aujourd’hui connus –intégrant notamment un certain nombre de rouleaux orientaux, les rouleaux de la Torah et surtout les exemples fournis par la chrétienté occidentale. Ces documents, qui en règle générale portent des textes à caractère religieux, sont en effet justiciables non seulement d’une analyse statistique, mais aussi d’une étude codicologique systématique. Nous découvrons alors que les textes en rouleau se rencontrent en nombre, et jusqu’à une époque très récente, même si l’apogée semble avoir été atteint au XVe siècle, et même s’il n’est pas toujours facile de faire le départ entre un document d’archives et un «livre» au sens large du terme.
Esthétisation de la lecture, dans le Codex Manesse
C’est à un texte particulier que s’intéresse Marco Rainini (Univ. cath. de Milan), lorsqu’il présente la Généalogie du Christ de Pierre de Poitiers († 1205), un classique des bibliothèques médiévales. L’ouvrage lui-même a probablement été rédigé par son auteur en fonction même de la forme du rouleau. La mise en livre varie d’un manuscrit à l’autre, mais elle est généralement très complexe, avec une suite de colonnes juxtaposées dans le sens de la longueur, le tout combiné avec des motifs graphiques et des systèmes de représentation (tableaux, diagrammes, etc.) eux-mêmes très sophistiqués. Nous sommes sans doute devant un jeu de procédés mnémotechniques, mais aussi devant un modèle qui sera repris pour un certain nombre de généalogies princières (par ex. dans un rouleau de la Corviniana), voire pour certaines chroniques imprimées à la fin du XVe siècle. Paradoxalement, cette mise en livre très spécifique peut, en définitive, être assez facilement transposée dans le cadre d’un livre en cahiers.
Concluons simplement sur le fait que le support du rouleau ne peut que très rarement s’articuler avec la technique de la typographie en caractères mobiles. Même la Chronica chronicarum donnée à Paris pour Jean (II) Petit en 1521 serait plutôt destinée à l’affichage, comme le suggèrent les particularités d’exemplaire (cf cliché 3). Nous ne pouvons réellement que nous féliciter de voir un colloque international d’histoire du livre réserver d’entrée une place importante (la première des ses quatre sessions de travail) à une forme trop généralement négligée par les spécialistes. Le plaisir de la recherche et de l’échange est complet quand, de surcroît, ledit colloque se déroule dans le cadre somptueux du Palazzo Geremia, au cœur de la ville historique de Trente… 

mercredi 24 mai 2017

Un petit tour en Pricrocoland

Une figure toujours d'actualité: le chevalier des causes perdues
Commençons par une référence filmographique, pour dire combien, aujourd’hui, il est dommage que l’action réfléchie en faveur de la culture ne soit pas aussi spectaculaire que celle qui consiste à se protéger des requins… Et pourtant, les attaques contre la culture sont bien plus fréquentes, insidieuses et donc redoutables que celles des squales!
S’agissant des bibliothèques, les faits sont là: dans telle ou telle ville, l’administration municipale décide brutalement de se séparer d’un conservateur infiniment dévoué depuis des années, et d’une compétence inégalable.
On peut s’interroger sur cette forme de cécité, laquelle n’engage pas seulement les décideurs, mais aussi, indirectement, ceux qui les ont élus. Faisons-leur la grâce de ne pas supposer qu’ils pourraient avoir des intérêts immédiats, ou des stratégies à la petite semaine (nous ne sommes plus à l’âge de la caricature des sous-préfectures, que diable!). Mais plus profondément, et plus gravement, l’ignorance concerne d’abord le travail du bibliothécaire, une caractéristique que nous aurions pu croire de l’ordre du passé, quand il n’en est rien. Le bibliothécaire municipal doit en effet remplir un certain nombre de missions, plus ou moins contradictoires, et dont la mairie ignore généralement tout (entre personnes civilisées, un minimum de confiance devrait pourtant aller de soi). Dans une grande bibliothèque patrimoniale, il faudra assurer les charges de la lecture publique, de l’animation, etc., mais aussi conduire le travail de recensement et de valorisation d’un patrimoine parfois écrasant.
La bibliothèque, comme les archives, sont la mémoire de la ville: donner ce patrimoine à comprendre à nos contemporains, et d’abord à nos concitoyens, devrait être déclaré cause nationale, à l’heure des déplorations sur l'insuffisance de la citoyenneté. Mais bien loin de s’improviser, cela suppose des compétences spécifiques trop rarement réunies. Tout un chacun ne sera certes pas commentateur avisé de tel ou tel manuscrit carolingien (et d’ailleurs, tout un chacun, à commencer par les «décideurs», ne connaît pas le patrimoine, et ignore jusqu’à la signification exacte de la formule d’«empire carolingien», une question pourtant européenne s'il en fût).
Arguer de mots dont on ignore le sens réel (ô numérisation, «que de crimes», etc.), proférer des affirmations sans les appuyer sur rien (en France, un bibliothécaire d’État change de poste tous les cinq ans), faire dans la facilité tout en s'abritant paradoxalement derrière sa propre ignorance, quoi de plus simple? On ne peut que s’étonner que des services censés mettre en œuvre une gestion raisonnée des deniers publics tombent dans des errements aussi absurdes: non seulement le capital financier n’est probablement pas amélioré (hélas), mais le capital symbolique s’effondre, la ville est ridiculisée et ses élus assimilés à des pantins sur la scène d’une bourgade abandonnée.
Il est vrai que c’est peut-être le cas? Ils deviennent en effet des pantins, dans une ville anciennement puissante, mais qui n’intéresse plus personne et dont le nom sera bientôt synonyme non seulement de récession, mais surtout d’esprit rétrograde. Ne parlons pas des services si élégamment désignés comme ceux des «ressources humaines», et dont le dernier souci est trop généralement celui des hommes.
II y a une quarantaine d’années, un grand esprit, Pierre Chaunu, décrivait avec optimisme les lampes qui partout s’allumaient sur la carte de l’Europe des Lumières –ici, une bibliothèque, là une académie, là encore une institution d’éducation, et partout, des taux d’alphabétisation en hausse. Les responsables en charge des affaires s’employaient alors à «encadrer» et à développer toutes sortes d’initiatives, gages de progrès.
Nous voici, à l’aube du IIIe millénaire, confrontés à une conjoncture bien plus sinistre: de tous côtés, les compétences sont bafouées par l’ignorance et le dévouement est trop souvent ignoré; sous couvert de discours convenus, la barbarie monte inexorablement, le «recadrage» est à l’ordre du jour et les éteignoirs entrent en action. Éteindre, c’est facile, quand allumer et entretenir est bien évidemment beaucoup plus complexe… On le voit, défendre la culture et les bibliothèques contre les assauts de l’ignorance, de la bêtise et de la muflerie (sans oublier la lâcheté) s’impose comme un enjeu de la citoyenneté de demain. Comptez sur nous: nous nous y emploierons.

jeudi 18 mai 2017

Conférence d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 22 mai 2017
16h-18h
Gens du livre à Paris au XVIe siècle: le cas de Nicolas Du Chemin, imprimeur-libraire de musique
par
Monsieur Olivier Grellety-Bosviel,
docteur de l'EPHE

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!

Le fichier manuel relatif à l’histoire du livre conservé au Minutier central constitue depuis une quarantaine d’années la source la plus riche pour tous les travaux sur l’histoire de la Librairie parisienne du XVIe siècle. L’histoire de ce fichier, et l’état actuel des sources  recensées, permettent de dresser une typologie des actes dans le sillage des recherches lancées naguère par Henri-Jean Martin sur le « petit monde du livre ». La question de la place des imprimeurs-libraires de musique au sein de l’édition parisienne à la Renaissance sera posée autour, notamment, de la figure de Nicolas du Chemin.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



jeudi 11 mai 2017

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 15 mai 2017
16h-18h
En France: les bibliothèques en Révolution
(1789-années 1830) 
(suite et fin)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études 

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!

La conférence s'ouvrira par quelques observations à propos desquelles le directeur d'études a été sollicité relativement à l'histoire des bibliothèques et à son historiographie, notamment en France. Puis elle reviendra sur le cas emblématique des "bibliothèques en révolution". En conclusion sera évoqué le programme  de la séance foraine de l'année universitaire 2016-2017, séance qui devrait se tenir à Strasbourg le mercredi 21 juin prochain (avec la visite guidée de l'exposition de la BNU Le Vent de la Réforme).
Arrêté de la Commission d'Instruction publique, 28 praririal an II (Source: Archives dép. des Yvelines)
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



mercredi 10 mai 2017

Le livre aux États-Unis

Dans le cadre du séminaire de Patrick Fridenson à l'EHESS

Daniel Raff,
historien des entreprises à l'University of Pennsylvania,
présentera sa recherche sur

L'infrastructure du commerce des livres aux États-Unis:
sa valeur changeante, ses dangers potentiels

le mercredi 24 mai de 11h à 13h
au 105 boulevard Raspail, salle 10

Vous y êtes cordialement invités
(communiqué par Patrick Friedenson)

dimanche 7 mai 2017

Colloque d'histoire du livre

IMAGO LIBRORUM 
Mille anni di forme del libro in Europa
 
Rovereto, Biblioteca Civica 
e
 Trento, Biblioteca Comunale

24-26 maggio 2017 
Rovereto
mercoledÏ 24 maggio
h. 17.00 Saluti e introduzione
Frédéric Barbier (CNRS, EPHE, Parigi) IMAGO LIBRORUM:  tra rappresentazione e immagine del libro
Gianmario Baldi Inaugurazione della esposizione IMAGO LIBRORUM presso la Biblioteca Civica
Le Palazzo Geremia de Trente
Trento, Palazzo Geremia
I sessione. giovedi 25 maggio
h. 9.00
Non di solo codex. Forme alternative del libro occidentale
Saluti e introduzione
Presiede Giorgio Antoniacomi (direttore della Biblioteca Comunale di Trento)

Marilena Maniaci (Univ. di Cassino) Rotoli medievali greci e latini (e non solo): tipologie, funzione, prospettive di ricerca
Don C. Skemer (Princeton Univ. Library) Magic Rolls and Folding Sheets: Physical Forms of Textual Amulets in the Middle Ages
Marco Rainini (Univ. Cattolica) Cronache medievali in rotolo: a partire dalla Genealogia Christi di Pietro di Poitiers
Giuseppe Frasso (Univ. Cattolica) Poesia in forma di rotolo
Gino Roncaglia (Univ. della Tuscia) Oltre il libro: le frontiere del testo digitale
Discussione 

II sessione giovedi 25 maggio
h. 14.30
La parola sul foglio: spazio e resa grafica
Presiede Giuseppe Frasso (Univ. Cattolica)

Saverio Campanini (Univ. di Bologna) La luce oltre la siepe. La Bibbia ebraica dal rotolo al libro
Ursula Stampfer (Abbazia di Novacella) Gli anni d’oro dello scrittorio di Novacella (1450-1525 ca.)
Donatella Frioli (Univ. di Trento) Prosa, poesia e illustrazione alla corte Malatestiana di Rimini
Paul F. Gehl (Curator Emeritus, Newberry Library Chicago), Teaching With Type: Design for the Renaissance Grammar Classroom
David McKitterick (già Cambridge Univ.) Collecting Early Printed Books for the Modern Printing Design
Discussione

III sessione, venerdi 26 maggio
h. 9.00
Dal testo al libro: organizzare e comunicare
Presiede Maria Cristina Misiti (MIUR)

Ursula Rautenberg (Univ. di Erlangen) Last words on the History of the Title-Page
Marco Palma (Univ. di Cassino) Forme e funzioni del colophon nel libro manoscritto e a stampa del XV secolo
Edoardo Barbieri (Univ. Cattolica) «Dinanzi a la quale poco si potrebe legere»: le rubriche negli incunaboli delle origini
Antonio Castillo Gómez (Univ. de Alcalá) «Para que todos la sepan y entiendan». Scrittura e immagine nei testi urbani effimeri nella Spagna della prima età moderna
Duccio Dogheria (MART di Rovereto) Dal Futurismo al futuro: editoria sperimentale Discussione

IV sessione venerdi 26 maggio
h. 14.30
Illustrare il testo / raffigurare il testo, ovvero la sfida tra parole e immagini
Presiede Andrea Giorgi (Univ. di Trento)

Mino Gabriele (Univ. di Udine) All’origine dei libri di emblemi: tra sapienza e iconologia
Marco Gozzi (Univ. di Trento) Suoni per figura: miniatura, musica e testo nel manoscritto liturgico
Giovanna Zaganelli (Univ. per Stranieri di Perugia) La relazione fra testo e immagini in alcuni Blockbücher del XV secolo
Lorena Dal Poz (Regione Veneto) Testo e immagine nei codici manoscritti e a stampa del vescovo di Trento Johannes Hinderbach
Martyna Urbaniak (Scuola Normale Superiore di Pisa) Per parole e per immagini: le illustrazioni dell’Orlando Furioso
Discussione e conclusioni